Autisme et communication : difficultés, outils et stratégies d’adaptation
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La communication est au cœur de nos interactions quotidiennes. Elle nous permet d’exprimer nos besoins, nos émotions, nos pensées, mais aussi de comprendre ceux des autres. Chez les personnes autistes, la communication — qu’elle soit verbale ou non verbale — peut être source de difficultés, de malentendus ou de surcharge. Ces particularités font d’ailleurs partie des critères diagnostiques du trouble du spectre de l’autisme (TSA).
Dans cet article, nous allons explorer en quoi la communication diffère chez les personnes autistes, les obstacles qu’elles peuvent rencontrer, et les outils qui peuvent faciliter l’expression et la compréhension.
🗣 Qu’est-ce que la communication ?
La communication ne se limite pas aux mots. Elle englobe :
- La communication verbale (parole, langage oral),
- La communication non verbale (gestes, expressions faciales, intonation),
- Le langage réceptif (capacité à comprendre un message),
- Le langage expressif (capacité à formuler un message).
Chez les personnes autistes, l’un ou plusieurs de ces canaux peuvent être altérés. La communication peut être perçue comme confuse, épuisante, ou difficilement accessible.
🔍 Les particularités de la communication dans l’autisme
💬 Un langage parfois absent ou atypique
Il n’est pas rare que des retards de langage apparaissent dès l’enfance, ou que le langage oral soit absent. Certaines personnes autistes sont non verbales, d’autres ont un langage très développé, parfois perçu comme “savant” ou “robotique”.
🧠 Une pensée en images
Beaucoup de personnes autistes pensent en images plutôt qu’en mots. Cela peut rendre le langage abstrait difficile à saisir. Par exemple, le mot utilisé pour désigner un objet ou une idée ne fait pas toujours sens immédiatement. Comprendre et produire du langage peut donc demander deux fois plus d’efforts cognitifs.
🧏 Une dissociation entre compréhension et expression
Il est important de distinguer :
- Le langage réceptif : comprendre ce que dit l’autre,
- Le langage expressif : réussir à formuler ce que l’on veut dire.
Un enfant ou un adulte peut très bien parler avec fluidité tout en ayant du mal à comprendre ce qui lui est dit — et inversement.
⚡ Une surcharge et une fatigabilité
Les échanges verbaux demandent une attention soutenue, et peuvent rapidement devenir épuisants. Trop d’informations à la fois, un rythme trop rapide, ou un langage trop abstrait peuvent créer une surcharge. Trop parler peut agresser : mieux vaut aller à l’essentiel et privilégier des phrases simples et concrètes.
🙃 Les pièges de l’implicite
L’ironie, les sous-entendus, le second degré ou les expressions idiomatiques sont souvent difficiles à interpréter pour une personne autiste. Ce qui est “sous-entendu” ou “non dit” peut rester totalement invisible si ce n’est pas exprimé clairement.
🧰 La Communication Alternative et Augmentée (CAA)
Pour soutenir la communication, qu’elle soit absente, limitée ou simplement différente, il existe des outils : la Communication Alternative et Augmentée (CAA).
🔤 Qu’est-ce que la CAA ?
La CAA regroupe tous les moyens de communication qui viennent remplacer (alternative) ou soutenir (augmentée) la communication orale. Elle vise à rendre la communication accessible, quels que soient l’âge, le niveau de langage ou le profil cognitif.
🧩 Des outils adaptés aux besoins
Parmi les outils de CAA, on trouve :
- PECS (Picture Exchange Communication System) : un système d’échange d’images pour exprimer un besoin ou une demande, (cliquer pour lire l’article sur Le PECS : un outil de communication puissant pour accompagner le développement des enfants)
- MAKATON : une méthode combinant signes, pictogrammes et parole,
- Pictogrammes : supports visuels simples et concrets,
- TLA (Tableau de Langage Assisté) : tableau de pictos permettant de formuler des phrases en pointant.
Ces outils peuvent être utilisés avec :
- Des enfants ou adultes non verbaux,
- Des personnes verbales, pour qui le visuel est un soutien à la compréhension.
👁️ Pourquoi les supports visuels sont essentiels
Même chez les personnes qui parlent bien, le canal visuel est souvent plus efficace que le canal auditif. Un message entendu peut vite être oublié, mal interprété, ou perdu dans un flux d’informations. En revanche, un message visuel peut être vu, revu, mémorisé.
Utiliser des pictogrammes, des emplois du temps visuels, des supports imagés permet :
- De clarifier le message,
- De réduire l’anxiété liée à l’inconnu,
- De faciliter l’autonomie.
🔚 En résumé
La communication dans l’autisme n’est ni absente, ni déficiente : elle est différente. En comprenant mieux les particularités cognitives et sensorielles des personnes autistes, en adaptant nos modes de communication, et en utilisant les bons outils, nous rendons la parole — ou toute autre forme d’expression — plus accessible.
Communiquer, c’est se relier. Et chaque personne, verbale ou non verbale, a quelque chose à dire. À nous de créer les conditions pour que ce message puisse émerger.
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